Établir le lien entre les jeunes et les industriels : pour Erwan Coatanéa, président de Sodistra (fabricant de solutions de traitement d’air sur-mesure) et ambassadeur de la French Fab, cette mission est capitale pour la bonne reprise de l’activité des industries françaises.  

« Des contacts à établir le plus tôt possible entre les jeunes et industries », pouvons-nous lire dans un post LinkedIn d’Erwan Coatanéa du 31 août. Profitant de la présence du ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer au lycée professionnel Pierre-et-Marie-Curie de Château-Gontier-sur-Mayenne, le président dSodistra a tenu à rappeler l’importance d’attirer les jeunes talents dans les industries françaises. Parce que la crise économique a bouleversé le secteur et qu’il faut voir plus loin, c’est selon lui dès aujourd’hui qu’ «il faut prendre de l’élan et partir à la conquête de nouvelles ressources, compétences et envies ». 

Donner du sens à la formation grâce à l’immersion 

Pour Erwan Coatanéa, attirer les jeunes dans les industries se joue dès le collège ou le lycée, grâce à un accompagnement aussi pratique que théorique. « Il faut donner du sens à la formation professionnelle ». Et pour donner du sens, il faut savoir communiquer. « Plus tôt on enseignera le langage de l’industrie aux jeunes, moins ils auront de difficultés à rejoindre nos entreprises, et plus ils seront efficaces une fois intégrés au secteur ». Un enseignement qui passe par l’immersion des futurs talents dans le monde industriel et un accompagnement concret et empathique des professionnels. « Il faut se comprendre pour entreprendre. Il faut travailler avec eux, mettre en place des stages, des visites en entreprises, avancer main dans la main avec le corps enseignant ». Pour le président de Sodistra, il vaut mieux « s’impliquer qu’influencer », aller au plus proche des jeunes pour exprimer ses besoins. Ainsi, plus que des connaissances techniques qui, elles, « finissent par s’acquérir », ce sont des valeurs communes et un sens de la remise en question qu’il faut inculquer aux étudiants. 

Savoir se remettre en cause  

En effet pour Erwan Coatanéa, la réussite des jeunes aujourd'hui est liée à trois qualités : « adaptation, humilité et agilité ». Le monde de l’industrie change, et continuera de changer. « En ce moment on arrive à des fins de modèle et on doit se réinventer, tout réapprendre. Ces changements prouvent que la première qualité d’un jeune sorti de l’école, ça doit être d’avoir envie de continuer à apprendre, et de ne pas penser que ça y est, il sait ». Les expertises d’aujourd’hui ne seront pas forcément obsolètes demain, mais elles devront tout de même s’adapter aux rapides évolutions du secteur en général, des technologies en particulierSi cette qualité indispensable consistant à se remettre en cause est indispensable pour les futurs talents, elle l’est aussi pour les industriels, qui devront eux aussi s’adapter à ces nouvelles recrues.  

Souder les générations pour faire avancer l’industrie 

Pour le président de Sodistra, ce recrutement indispensable des jeunes est « vivifiant ». X, Y, Z, ces générations peuvent faire « peur », mais il faut « passer du temps sur le terrain, échanger, les intégrer aux projets ». Pour les industriels, il ne s’agit pas de vivre « avec » les jeunes mais d’avancer « ensemble ». Une nuance qui implique pour les professionnels de s’adapter eux-aussi et de donner envie aux futurs talents de s’impliquer. « Il faut que l’entreprise ait la capacité d’intégrer ces nouvelles ressources au sein d’un écosystème existant avec des gens présents depuis des années ». Accepter de parler un langage différent, en somme, mais être capable de se comprendre et d’échanger sur des valeurs communes. En cela, Erwan Coatanéa insiste sur la nécessité de tisser des liens très tôt entre les industriels et les jeunes pour préparer leur arrivée. Son dernier mot : « respect ». Une qualité indispensable pour que les générations s’allient pour faire avancer l’industrie.