Avec ses mini-éoliennes low-tech, Quentin Dubrulle, fondateur d’Unéole, compte bien démocratiser l’utilisation des énergies renouvelables en milieu urbain et devenir un véritable acteur de la transition énergétique et écologique (TEE).

Eco-conçues à partir de matériaux recyclés, silencieuses, produites localement et installables en ville, les éoliennes imaginées par Quentin Dubrulle affichent un joli CV dans le secteur des énergies renouvelables. Créée en 2014, l’entreprise Unéole a attendu 2017 et une « V1 » faillible pour parvenir à la production d’un objet répondant en tous points aux belles ambitions de son fondateur. Porté par des convictions profondes, celui qui était à ses débuts promis à un avenir dans le marketing a fait des énergies renouvelables sa priorité.

Energies renouvelables en France : une longue attente

L’intérêt de l’entrepreneur pour les énergies renouvelables est né en 2006, à une époque où le développement durable n’avait pas encore voix au chapitre. Alors même que le jeune homme de 25 ans qu’il était pensait que « la voiture serait l’avenir » ou que « les avions étaient formidables », Quentin Dubrulle a mis un premier pied dans le monde des énergies renouvelables en foulant le sol polynésien. Il travaillait alors dans une entreprise dont la mission était « d’installer des systèmes d’énergies renouvelables à base d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques et de packs de batteries chez de riches clients ». « Une chance dingue » pour le futur entrepreneur, qui dès son retour en France a voulu monter un premier cabinet d’études en énergies renouvelables, en vain : « c’était beaucoup trop tôt, il était impossible de trouver des clients, le monde politique n’avait pas vraiment entendu parler de ce sujet, je n’avais aucune chance pour que ça fonctionne à ce moment-là. ».

Quentin Dubrulle s’en est ainsi tenu à quelques jobs de management (chef de rayon à Auchan, responsable d’une société de vente de remorques...) avant de retenter sa chance en 2012, constatant que le monde s’intéressait enfin au sujet qui le tenait en haleine depuis 6 ans. « La cause avait commencé à avancer, les maisons s’équipaient peu à peu de toitures photovoltaïques, les éoliennes poussaient dans les champs, la RSE s’installait lentement en entreprise… A ce moment-là, j’y croyais vraiment. ». Parce qu’il y croit et qu’il veut faire avancer les choses plutôt que de prendre un sentier déjà battu, Quentin Dubrulle trouve « le trou dans la raquette » et s’attaque au cordage : « il n’y avait aucun système éolien adapté aux centre-villes ». Ses compétences en marketing l'aident à établir une étude de marché qui confirme que la brèche est ouverte. Il intègre alors un incubateur en 2013 et s’entoure d’ingénieurs – enseignants-chercheurs et étudiants – pour matérialiser sa machine. En juillet 2014, l’entreprise Unéole est née, en même temps que la « V1 » de sa mini-éolienne.

Low-technicité, éco-conception et production locale

Après des premiers essais effectués grâce à l’entreprise Eiffage, Quentin Dubrulle et les ingénieurs qui l’entourent « repartent d’une feuille blanche, suppriment les failles, exacerbent les qualités » de l’éolienne et viennent à bout d’un prototype remplissant toutes les conditions nécessaires à une projection d’Unéole sur l’avenir. Low-tech, la V2 a été travaillée pour être, en aval, « la plus réparable possible pour un maximum de personnes ». Quentin Dubrulle se plait à comparer son éolienne aux vieux téléphones Nokia : « avec un vieux 3310, on pouvait changer l’écran, le clavier, la batterie. Avec un iPhone, on ne peut plus rien faire. Avoir travaillé sur un modèle low-tech me laisse penser que mon éolienne est réparable à vie ». Autre atout, cher au cœur de l’entrepreneur, le coût carbone de sa machine. La mini-éolienne est ainsi conçue à partir de matières recyclées et recyclables telles que l’aluminium et l’inox. Ces matériaux sont sourcés localement, dans les Hauts-de-France, permettant notamment à Quentin Dubrulle d’échanger avec ses partenaires et de produire rapidement les pièces dont il a besoin, le tout à un prix raisonnable. Et argument non négligeable pour l’entrepreneur : « Il n’y a rien de plus agréable que d’échanger régulièrement de vive voix avec ses fournisseurs ».

Huit éoliennes apportent d’ores et déjà de l’énergie dans les Hauts-de-France où est basée la start-up. Conçues pour être installées sur les toits des bâtiments urbains, les machines de Quentin Dubrulle ciblent pour l'instant les collectivités, les constructeurs et les bailleurs sociaux. Pour l’autonomie et la vente d’éoliennes individuelles, il faudra attendre : d’abord parce qu’il est encore difficile de rendre cette technologie accessible (il faut compter environ 5000 euros pour une machine), mais aussi parce que l’installation de ce type de dispositif chez les particuliers implique d’énormes coûts de développement et de nombreuses contraintes techniques et/ou administratives. Quentin Dubrulle ne perd néanmoins pas de vue cet objectif à long terme, son engagement pour le développement durable et les énergies renouvelables étant intégré à un combat quotidien.

Eoliennes et panneaux photovoltaïques, duo d’avenir

« J’ai du mal à voir l’avenir de l’homme si on continue à produire autant de CO2 ». Gaz, pétrole, charbon en tête, l’entrepreneur aime à imaginer un monde où les énergies fossiles ne seraient plus abondantes. S’il considère que les politiques n’avancent pas à la bonne vitesse, Quentin Dubrulle a de l’espoir : « Des choses qui paraissaient impossibles hier commencent à émerger aujourd’hui. ». De son côté, l’entrepreneur continue d’avancer et de promouvoir les énergies renouvelables. Dernier projet en date, le lancement de la première plateforme hybride de production d’énergie urbaine, mêlant éoliennes et panneaux photovoltaïques. Avec cette combinaison, Unéole pourrait produire de l’énergie en plus grande quantité, nuit et jour, équilibrer hiver et été, et s’enorgueillir d’avoir mis en place, à son échelle, le « meilleur système d’énergies renouvelables au monde ». Le pari est lancé.