Biotech Dental, pionnière en matière de fabrication additive de dispositifs médicaux et actrice hyperactive de l’industrie bleu-blanc-rouge, est parvenue à s’imposer en quelques années comme le leader français sur son secteur. Son co-fondateur et CEO, Philippe Veran, voit plus grand, et plus loin.

Avec Biotech Dental, Philippe Veran mène deux batailles : l’accès aux soins dentaires et la réindustrialisation de la France. Ses armes : l’innovation et l’énergie, dont n’ont pas manqué le dirigeant et ses équipes durant la crise sanitaire. Touché mais plein de ressources, le spécialiste en implantologie dentaire, restauratrice et régénératrice n’a pas dit son dernier mot.

La crise sanitaire : un levier pour de nouvelles réalisations

Gravement atteint par la crise liée à la Covid-19, le secteur dentaire a déploré le relais de ses praticiens sur le banc de touche durant le confinement. Pause forcée dont se seraient bien passés les industriels du secteur, dont la société salonnaise Biotech Dental est l’un des joyaux français. Philippe Veran aborde néanmoins cette période avec optimisme : ses équipes n’ont pas chômé et ont multiplié les réalisations. Définition d’un code de bons conseils à l’usage des praticiens, fabrication de visières à destination des hôpitaux pour participer à l’effort national, conception de nouveaux produits… « Tout ça a permis de garder les équipes et les clients en contact. On a plutôt bien fait les choses » constate Philippe Veran. Par contre, « 2020, c’est une fois mais pas deux. »

Si le dirigeant a toute confiance en l’avenir de sa société, il redoute un nouvel épisode qui mettrait en pause son évolution : « On n’est pas une entreprise qui peut se satisfaire de faire « comme l’année dernière », il faut qu’on fasse au moins +20% tous les ans. C’est ce rythme qu’il faut que nous gardions pour aller humer les sommets. »

« Une start-up dans une vieille entreprise »

Les sommets, c’est avec la technologie que Philippe Veran a décidé qu’il les foulerait. Une ambition qui s’est matérialisée dès 2007, année durant laquelle Biotech Dental a mis sa première pièce dans la grande machine de l’impression 3D en devenant actionnaire de Poly-Shape. Parce que la conception et la production ne fonctionnent pas sans outils numériques annexes, les investissements se sont enchaînés. « La partie logicielle est celle dans laquelle on investit le plus. Près de 60 développeurs sont dédiés à ce département ». Et à Biotech Dental de devenir « une start-up dans une vieille entreprise ».

Ces cerveaux qui innovent, il a fallu en sourcer la grande partie dans la tête de jeunes talents, en marge des salariés habituels de la société trentenaire. Philippe Veran s’est adapté, avec plaisir : « On ne peut pas digitaliser une entreprise avec des gens de 60 ans. Miser sur les jeunes, c’est le deal. C’est très nouveau mais très agréable, ça donne une énergie incroyable. J’ai confiance en ces nouveaux talents qui fonctionnent avec l’ADN de la boite tout en gardant leur particularité : ça permet à l’entreprise de se renouveler. » Dans ces propos transpire le credo du chef d’entreprise : « L’ADN de mon groupe, c’est Human & Technology ». Ou quand l’homme et la machine s’allient pour transformer le réel en virtuel… Et inversement.

Investir localement, produire français

Aucun doute, le duo fonctionne. En 2019, Biotech Dental, pourvue de 630 collaborateurs, a réalisé un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros. Si la crise sanitaire a rouillé sa rampe de lancement, Philippe Veran ne perd pas de vue son objectif de passer de leader national à leader mondial. Il mise sur une croissance externe aux Etats-Unis pour la fin de l’année, et a récemment investi 10 millions d’euros en robots et technologies entre ses deux unités de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et de Scionzier (Haute-Savoie). Le chef d’entreprise croit en la force de frappe d’une production française : « Investir localement fait partie du business plan de Biotech Dental depuis toujours. Ce qu’on achète aux Etats-Unis, c’est une force de vente. ». Une conviction qui ne quitte pas le dirigeant, dont la société n’a pas fini d’investir le grand monde de la dentisterie 4.0.