11 ministres européens de l’Environnement appellent à une relance verte après la crise du coronavirus. Certains acteurs économiques ont déjà pris le tournant écologique comme Triballat Noyal, acteur de l’agroalimentaire français, qui vise la neutralité carbone pour son activité végétale d’ici 2022.

« On ne peut pas dire à nos producteurs de faire du bio, sans nous même agir dans ce sens, ce serait incohérent », insiste Jean-Marc Lévêque, directeur développement durable chez Triballat Noyal. L’entreprise qui commercialise notamment les marques Sojasun et Vrai a mis en place, grâce aux avancées technologiques, des moyens efficaces pour mesurer et réduire son empreinte énergétique. Son usine de demain consacrée à l'activité végétale atteindra la neutralité carbone d'ici 2022.

L’innovation au service de l’écologie

Les 17 ateliers de l’entreprise s’appuient tous sur un système de suivi d’information et de management de l’énergie instauré dès 2002 pour optimiser la consommation et la rendre plus responsable. « Ces outils permettent de mesurer la quantité d’électricité, d’eau, de gaz, ainsi que les rejets émis par nos ateliers ». Cette gestion de l’énergie a permis aux usines d’obtenir la certification ISO 50001, qui indique l’engagement de l’entreprise pour une consommation plus responsable.

Triballat Noyal mise également sur les énergies renouvelables. Son usine de Chateaubourg, consacrée aux produits à base de végétaux, reflète cet engagement. Éolienne, panneaux photovoltaïques, chaudière biomasse, et bientôt des ombrières photovoltaïques, couvrent une partie importante du mix énergétique de l’atelier, qui devrait atteindre la neutralité carbone d’ici 2022. « L’énergie éolienne fournit 10% de notre production à base de soja. La chaudière remplace 85% des productions de gaz sur la partie végétale » détaille le directeur développement durable.

Mais l’innovation ne passe pas seulement par les moyens technologiques. Le management s’est lui aussi mis au vert. « Chaque site possède un référent énergie ». Sur la base du volontariat, il s’occupe de la bonne gestion des machines et prend en compte les mesures données par les indicateurs pour les valoriser. Le bon fonctionnement de ce système de management repose sur la proximité entre les salariés. « Tous les mois, chaque référent réunis ses collègues pour échanger ensemble sur les choses à améliorer ».

Répondre aux attentes des consommateurs

Cette production, toujours plus verte, « cherche à répondre aux besoins des consommateurs ». Leurs attentes vont parfois à l’encontre du marché, mais ce sont eux qui peuvent inverser la tendance. Triballat Noyal en a fait l’expérience. « Nous avons décidé de mettre en place des pots de yaourts de 500 grammes, pour réduire la quantité d’emballage. On était les seuls à proposer ça dans les rayons. Ça a très bien marché dans les enseignes bio pour se généraliser petit à petit dans les magasins de grande distribution. Les consommateurs sont parfois en avance sur nous ».

Dans le Grand Ouest, Triballat Noyal et deux autres acteurs locaux ont lancé cette année le projet collaboratif ZeroWest. Il vise à réduire les déchets en remettant au goût du jour le principe de consigne. Les pots de yaourts sont déposés en magasins. L’entreprise les récupère, les nettoie et les réutilise. Encore à l’étape d’essai, le procédé connaît déjà un premier succès qui confirme que ce sont dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs…yaourts.