IN’dustrie dresse le portrait de ces nouvelles technologies qui réinventent le secteur. Acreos est l’un des fils conducteurs de cette industrie 4.0. L’entreprise fabrique des simulateurs pour l’apprentissage de conduite d’engins.

« L’utilisation du numérique permet de redonner une attractivité à certaines formations », se réjouit Eric Pierson, président d’Acreos et d’AFCE formation. L’entreprise confectionne depuis 2007 des simulateurs pour apprendre la conduite d’engins. Cetttechnologie a conquis des centres de formation, mais aussi des entreprises, dans le monde entier. « Les possibilités sont infinies avec le numérique ».

Acreos : une technologie inspirée des jeux vidéo

Dire que l’industrie est vieillissante serait anachronique. Les nouvelles technologies rajeunissent le secteur et attirent de nouveaux profils : « Nos développeurs viennent en majorité de l’univers du jeu vidéo » explique Eric Pierson. Ces simulateurs, qui reproduisent une vingtaine d’engins existants, sont pensés comme des jeux vidéo, ils sont ludiques et addictifs : « On a développé des processus qui font que les gens n’ont pas envie d’arrêter ». Eric Pierson s’amuse à donner l’exemple du Président Emmanuel Macron, qui lors de l’inauguration de l’école d'application aux métiers des travaux publics d'Egletons, « a été passionné par l’un de nos simulateurs ». Et ce n’est pas le seul exemple de personnalités publiques conquises par cette technologie.  

Le numérique permet aussi de créer des vocations : « Nos machines permettent à certains jeunes de découvrir des métiers et susciter des envies ». Il permet aussi de perpétuer des secteurs de niche. « La plupart des formateurs de niveleuses vont bientôt prendre leur retraite, si ce n’est pas déjà le cas. On a travaillé avec eux pour développer des simulateurs et ainsi assurer l’apprentissage de la conduite de ces engins. Le numérique rassemble le savoir pour mieux le redistribuer ».  

Les nouvelles technologies limitent les accidents

Acreos est le fruit d’un accident survenu en 2007, dans l’un des trois centres de formation de l’AFCE présidé par Eric Pierson. « Un jeune a accidenté un formateur en conduisant une grue. Naïvement on s’est dit qu’on allait faire comme dans l’aviation en achetant des simulateurs pour éviter que cela se reproduise. On a fait le tour de France, même du monde, mais on n’a rien trouvé. C’est comme ça qu’est née Acreos ». Partie d’une feuille blanche, le dirigeant s’est entouré de développeurs. « On était en phase de R&D pendant quatre ans pour avoir un niveau de simulation qui se rapproche le plus de la réalité ». Comme pour un simulateur d’avion, les engins sont reproduits au détail près et peuvent être testés et adaptés à différents environnements. « Nous travaillons avec différents secteurs comme le domaine agricole, forestier, le domaine minier, portuaire, celui du BTP, etc. » 

Le numérique permet d’avoir moins d’accidents dans les centres de formation. « Il y a un côté rassurant, les gens osent plus facilement prendre les manettes ». Les formateurs y trouvent aussi leur compte. Alors qu’ils pensaient que la machine allait les remplacer, « elle les rend plus productifs et leur offrent du confort. Le numérique permet de faire d’un opérationnel, un superviseur. C’est aussi un accélérateur pour l’industrie. Il y a du numérique partout et seuls ceux qui captent l’adaptation de ce concept et l’appliquent à leurs produits pourront durer dans le temps ». 

Acreos 

Création : 2007

Présence dans 37 pays

41 collaborateurs

Objectif : former 1 million de personnes d’ici à 2024